Une location nue pendant au moins neuf ans
Pour un logement d’habitation, le propriétaire s’engage à le louer non meublé, à titre de résidence principale du locataire, pendant une durée minimale de neuf ans. L’occupation personnelle, la résidence secondaire et la location touristique ne répondent pas à cet engagement.
La période de location ne se confond pas avec la période de travaux. Le calendrier d’un investissement doit distinguer l’acquisition, la restauration, la recherche du locataire puis la durée pendant laquelle le bien reste affecté à la location.
Commencer la location dans les douze mois
La location doit prendre effet dans les douze mois suivant l’achèvement des travaux. Pour éviter de traiter cette obligation dans l’urgence, il est utile de préparer la gestion locative, l’estimation du loyer et la commercialisation avant la livraison.
Si un locataire quitte le logement, la remise en location doit être engagée avec diligence. Les circonstances d’une vacance, les démarches effectuées et leur durée doivent être appréciées au regard des règles applicables. Une longue interruption ne doit jamais être considérée comme automatiquement neutre.
Un locataire extérieur à la famille proche
Le logement ne peut pas être loué à un membre du foyer fiscal, à un ascendant ou à un descendant du contribuable. En cas de détention par une société non soumise à l’impôt sur les sociétés, des exclusions comparables concernent les associés et leurs proches, ainsi qu’un engagement de conservation des parts.
Pas de plafond Malraux de loyers ou de ressources
Le dispositif Malraux n’impose pas lui-même de plafond spécifique de loyer ni de ressources du locataire. Cela ne permet pas de s’affranchir des règles générales : encadrement éventuellement applicable dans la commune, décence, performance énergétique et obligations du bailleur restent à examiner.
Le loyer retenu dans une étude doit donc correspondre au marché local et au logement précis. Une façade remarquable ou une réduction d’impôt élevée ne justifie pas, à elle seule, un loyer supérieur aux biens comparables.
Exemple : les dates à inscrire dans le dossier
Imaginons un achat le 15 octobre 2026, des travaux achevés le 30 juin 2027 et un premier bail prenant effet le 1er octobre 2027. Le logement commence à être loué trois mois après la fin des travaux. En supposant le respect continu des conditions, les neuf ans de location courent du 1er octobre 2027 au 30 septembre 2036 inclus. Le seul anniversaire de l’achat, en octobre 2035, ne suffit donc pas pour considérer l’engagement terminé.
Conservez une chronologie fondée sur les justificatifs d’achèvement et la date effective du bail. Si les appartements d’une même opération sont achevés à des moments différents, utilisez les pièces correspondant à votre logement.
Au départ d’un locataire : agir et garder les preuves
Préparez la relocation dès réception du congé : mandat de gestion, annonce, loyer cohérent, organisation des visites et éventuelles remises en état. Gardez les échanges, annonces et comptes rendus. Ces éléments permettent d’établir les démarches réellement engagées.
Le BOFiP admet, sous conditions, une période de vacance lorsqu’un propriétaire justifie de diligences concrètes pour relouer. Le délai de douze mois indiqué par cette doctrine se compte à partir de la réception de la lettre recommandée par laquelle le locataire donne congé. Il ne constitue pas un droit à laisser le logement vide pendant un an après son départ. Si la situation se prolonge, faites examiner le dossier avant l’échéance.
N’occupez pas temporairement le logement et ne le prêtez pas à un proche pendant cette période. Une interruption dans la recherche de locataire ou un loyer dissuasif peut fragiliser le respect de l’engagement. Une situation survenant dans les derniers mois de celui-ci relève de conditions particulières à vérifier.
Fixer un loyer et préparer la gestion
Demandez au gestionnaire des références de logements proches, comparables par la surface, l’étage, l’état et les prestations. Distinguez le loyer hors charges, les provisions récupérables et les dépenses qui restent à votre charge. À Bordeaux, par exemple, la mise en location doit aussi tenir compte de l’encadrement local des loyers.
Avant la remise des clés, faites préparer le dossier de location, les diagnostics requis, le bail et l’état des lieux. Vérifiez avec le gestionnaire le périmètre de sa mission : recherche du locataire, suivi des paiements, entretien, compte rendu annuel et traitement des départs. Une estimation de loyer n’est pas une garantie de perception.
Le budget de trésorerie doit prévoir les frais et les périodes sans revenus. Pour conserver un dossier cohérent, rapprochez ensuite les pièces locatives de celles utilisées pour la déclaration de l’investissement.
Conserver les pièces et anticiper une cession
Gardez les justificatifs de travaux, les documents fiscaux, le bail et les preuves des démarches de location. Une vente ou un changement d’affectation avant la fin de l’engagement peut remettre en cause la réduction d’impôt, sauf exception légale applicable à la situation.
Avant de vendre, de meubler le logement ou de modifier sa détention, faites vérifier les conséquences. La décision doit intégrer l’ensemble de l’investissement et le risque d’une reprise fiscale.
La date de mise à jour du contenu figure en tête d’article. Les règles s’apprécient selon la date d’engagement et la situation du projet.
Code général des impôts — article 199 terviciesBOFiP — BOI-IR-RICI-200, dispositif MalrauxBOFiP — conditions d’applicationBOFiP — modalités de calcul et d’imputationBOFiP — immeubles et dépenses concernésBOFiP — obligations déclarativesBOFiP — remise en cause de la réductionImpots.gouv.fr — immeubles spéciaux



